Sur bien des machines en service depuis des années, l'entraînement par courroie et poulie est remis en question à cause de sa charge de maintenance : la courroie s'allonge, il faut la retendre, les gorges des poulies s'usent et la poussière de courroie salit l'environnement. La solution qui vient à l'esprit est de relier directement le moteur à l'arbre de la machine par un accouplement. Ce changement est possible, mais s'il est fait sans changer de moteur, il aboutit souvent à une mauvaise vitesse. Dans cet article, nous expliquons dans quel ordre traiter la vitesse du moteur, la carcasse, la hauteur d'axe et l'alignement lors du passage d'un entraînement par courroie à un entraînement par accouplement.

Que devient la vitesse quand le rapport de poulies disparaît ?
Dans un entraînement par courroie, la vitesse de rotation de la machine s'obtient en multipliant la vitesse du moteur par le rapport des diamètres de poulies. Avec une petite poulie côté moteur et une grande côté machine, la machine tourne moins vite que le moteur ; dans le cas inverse, plus vite. Dans une bonne partie des systèmes à courroie, ce rapport a justement été choisi pour combler l'écart entre les vitesses standard des moteurs et la vitesse dont la machine a besoin.
Un accouplement, lui, ne modifie pas la vitesse. L'arbre moteur et l'arbre de la machine tournent exactement à la même vitesse. Lors du passage de la courroie à l'accouplement, la première question est donc : la vitesse à laquelle tourne aujourd'hui l'arbre de la machine est-elle proche de la vitesse nominale d'un moteur standard ?
- Si les poulies ont le même diamètre (rapport 1:1) : la machine tourne déjà à la vitesse du moteur. On peut passer à l'accouplement en conservant le nombre de pôles du moteur actuel ; le travail principal porte sur l'implantation mécanique et l'alignement.
- Si le rapport diffère nettement de 1:1 : avec le même moteur, un raccordement par accouplement modifie la vitesse de la machine. Si la vitesse de la machine correspond à un autre nombre de pôles (p. ex. 1000 au lieu de 1500 tr/min), le moteur change ; si elle ne correspond à aucune vitesse standard, on envisage un réducteur ou un variateur de fréquence.
Comment connaître la vitesse de la machine ?
Le moyen le plus fiable est de mesurer la vitesse de l'arbre de la machine en marche avec un tachymètre. Si la mesure est impossible, on obtient une valeur approchée en multipliant la vitesse nominale de la plaque moteur par le diamètre de la poulie moteur, puis en divisant par le diamètre de la poulie machine. Le résultat est plus juste si l'on prend comme diamètre de poulie le diamètre primitif dans la gorge ; le diamètre extérieur peut induire légèrement en erreur. Tenez compte aussi du glissement de la courroie, qui réduit un peu la vitesse.
Si la vitesse change, la carcasse et le couple changent aussi
À puissance égale, un moteur plus lent fournit un couple plus élevé à l'arbre, ce qui exige généralement une carcasse plus grande. Deux modèles de 7,5 kW de la gamme HEM Motor l'illustrent :
| Modèle | Pôles / vitesse nominale | Carcasse CEI | Couple nominal | Tension |
|---|---|---|---|---|
| 132M-4 fonte | 4 pôles / 1460 tr/min | 132M | 49,1 Nm | 400/690 V (Δ/Y), 50 Hz |
| 160M-6 fonte | 6 pôles / 970 tr/min | 160M | 73,8 Nm | 400/690 V (Δ/Y), 50 Hz |
Sur une machine que la courroie ramène d'un moteur de 1460 tr/min à environ 970 tr/min, le couple qui arrive à l'arbre de la machine dans le montage à courroie a lui aussi été multiplié par le rapport des poulies. En passant à l'accouplement, cette augmentation de couple doit désormais être fournie par le moteur lui-même ; le couple nominal plus élevé du moteur 6 pôles est donc une nécessité. La carcasse passant de 132M à 160M, le socle change également. Pour la relation carcasse–puissance, voir le tableau carcasses CEI et puissances, et pour les valeurs de couple le tableau des couples.
Ne fondez pas le choix de la puissance sur la seule plaque de l'ancien moteur. Le montage à courroie comporte des pertes dans la courroie ; le montage par accouplement n'en a pas. Cet écart reste toutefois généralement faible ; ce qui décide vraiment, c'est la charge de la machine, les conditions de démarrage et la durée de fonctionnement.
Implantation mécanique : socle, hauteur d'axe et bout d'arbre
Dans un montage à courroie, le moteur est généralement placé à côté ou en dessous de la machine, sur des glissières de tension ou un socle basculant. Dans un montage par accouplement, l'arbre moteur doit se trouver sur le même axe que l'arbre de la machine. Cela change l'implantation dès le départ :
- Hauteur d'axe : le nombre du code de carcasse CEI indique la hauteur de l'arbre moteur au-dessus du plan de pose des pattes. Si la hauteur de l'arbre de la machine est différente, il faut sous le moteur un socle usiné avec précision ou des cales.
- Rigidité du socle : une glissière de tension n'offre pas une assise suffisamment stable pour un montage par accouplement. Réunir le moteur et la machine sur un châssis commun et rigide facilite le maintien de l'alignement.
- Bout d'arbre et moyeu d'accouplement : l'alésage et la rainure de clavette du moyeu d'accouplement doivent correspondre à l'arbre moteur. Vérifiez si une longueur d'arbre suffisante pour une poulie convient aussi au moyeu d'accouplement.
- Forme de montage : dans les entraînements par accouplement, la disposition la plus courante est le moteur à pattes B3. Si le moteur doit être relié à la machine par une bride intermédiaire, l'option à bride est étudiée. Les formes de montage sont proposées selon la carcasse et la taille de bride est confirmée à la commande.
Le diamètre et la longueur d'arbre, la hauteur d'axe et l'entraxe des trous de pattes figurent par carcasse dans le catalogue technique et produits et dans les plans techniques 2D. Concevez le socle d'après ces plans.











