Un ventilateur centrifuge qui tourne à l'envers souffle quand même de l'air. Son débit baisse, son courant reste nettement inférieur à la valeur de la plaque signalétique, et personne ne remarque rien. Dans une installation de ventilation, le problème peut n'apparaître que des mois plus tard, lorsqu'on cherche pourquoi la salle ne se rafraîchit pas en été. La mise en service sert précisément à détecter ce genre de situation « ça tourne, mais pas comme il faut » avant de remettre le moteur à la production.
Cet article décrit le jour où un moteur électrique, accouplé à sa machine et câblé à son armoire électrique, est démarré pour la première fois. Le contrôle du moteur à la livraison est traité séparément dans l'article sur la réception. Ici, le moteur est déjà en place ; la question est de savoir dans quel ordre le mettre sous tension et ce qu'il faut vérifier à chaque étape.
Avant la mise sous tension : le côté mécanique
La plupart des problèmes de vibrations et de roulements qui apparaissent au premier démarrage proviennent du montage. Avant de toucher à la boîte à bornes, on vérifie les points suivants avec l'équipe qui a réalisé le montage mécanique :
- Socle et pattes : Le moteur doit reposer pleinement sur le socle par ses quatre pattes. Le soulèvement lu au comparateur lorsqu'on desserre un boulon de patte révèle un pied bancal ; on le corrige si nécessaire avec une cale fine.
- Alignement de l'accouplement : Les désalignements radial et angulaire doivent rester dans les limites indiquées par le fabricant de l'accouplement. On tient compte aussi du léger soulèvement de l'axe de l'arbre lorsque le moteur chauffe.
- Entraînement par courroies : Les poulies doivent être dans le même plan et la tension des courroies conforme à la valeur du fabricant. Une courroie trop tendue use prématurément le roulement avant.
- Rotation libre : Lorsqu'on tourne la machine à la main, il ne doit y avoir ni point dur ni bruit de frottement.
- Circuit de refroidissement : Un espace doit être laissé derrière le capot de ventilateur pour l'aspiration de l'air, et aucune sortie d'air chaud ne doit être dirigée vers l'avant du moteur.
Vous trouverez les détails sur l'alignement et le choix de l'accouplement dans l'article consacré aux accouplements élastiques et rigides.
Avant la mise sous tension : le côté électrique
Côté armoire, il s'agit de vérifier que la chaîne qui protégera le moteur est réellement en place.
- Plaque signalétique et réseau : La tension et le couplage de la plaque correspondent-ils au réseau ? Sur un réseau 400 V, un moteur marqué 230/400 V fonctionne en étoile, un moteur marqué 400/690 V en triangle. Un moteur raccordé à une armoire avec démarreur étoile-triangle doit être en 400/690 V. On vérifie visuellement que les barrettes de la boîte à bornes sont disposées en conséquence.
- Câble et mise à la terre : La section du câble doit être adaptée au courant du moteur et à la distance, et le conducteur de protection raccordé à la borne de terre de la carcasse. Les presse-étoupes doivent être serrés et les entrées inutilisées obturées par un bouchon ; ce n'est qu'à cette condition que l'indice de protection IP55 est préservé.
- Réglage de la protection : Le relais thermique ou le disjoncteur moteur doit être réglé sur le courant nominal de la plaque signalétique. Un réglage élevé « pour que ça ne déclenche pas » est la première erreur de la mise en service. Si le moteur est équipé de sondes PTC ou PT100, on vérifie que leurs fils sont raccordés au relais.
- Résistance d'isolement : Si le moteur a été stocké longtemps, monté dans un environnement humide ou a pu prendre l'eau pendant le montage, on effectue une mesure au mégohmmètre avant la mise sous tension. Si un variateur est raccordé, les câbles du moteur en sont débranchés avant la mesure.
Nous avons expliqué avec des exemples comment lire la valeur de réglage sur la plaque dans l'article sur le réglage du disjoncteur moteur.
Première mise sous tension : brève impulsion et sens de rotation
Si possible, la première mise sous tension se fait moteur désaccouplé de la machine. Si l'accouplement ne peut pas être séparé, il faut s'assurer qu'une rotation inverse n'endommagera pas la machine : certaines pompes, les compresseurs à vis et les convoyeurs à antidévireur ne tolèrent pas la rotation inverse.
On donne au moteur une brève impulsion d'une à deux secondes et l'on observe le sens de rotation de l'arbre ou du ventilateur. Si le sens est mauvais, on permute deux phases quelconques. Il faut noter si cette permutation a été faite à la boîte à bornes du moteur ou en sortie d'armoire ; sinon, lors de la prochaine maintenance, les câbles risquent d'être « corrigés » et le sens de nouveau inversé.
Pour les ventilateurs et les pompes, le sens est comparé à la flèche portée sur le corps. Comme dans l'exemple du début, se contenter de vérifier « est-ce que l'air arrive ? » ne suffit pas.
Fonctionnement à vide : premières valeurs de référence
Une fois le sens vérifié, le moteur fonctionne si possible à vide ou à faible charge pendant 15 à 30 minutes. Pendant ce temps :
- On mesure le courant des trois phases. Le courant à vide est inférieur au courant de la plaque ; en cas d'écart marqué entre phases, on contrôle l'alimentation ou le raccordement.
- On écoute la zone des roulements. En dehors d'un ronronnement régulier, il ne doit y avoir ni grognement ni cliquetis.
- On mesure et enregistre les vibrations aux points de palier.
- On suit la montée en température de la carcasse ; à vide, la température doit augmenter lentement puis se stabiliser.
Ces valeurs serviront plus tard de référence de l'état « sain » du moteur. Si elles ne sont pas enregistrées, il n'y aura plus rien à comparer lorsqu'un symptôme apparaîtra six mois plus tard.











