Le matin de la mise en service, l'électricien qui ouvre la boîte à bornes découvre, à côté des trois bornes de puissance, deux fils fins supplémentaires : les extrémités des sondes PTC noyées dans le bobinage. Or l'armoire électrique ne comporte aucun relais à thermistance pour les raccorder. Soit les fils restent en l'air et le moteur démarre sans protection thermique, soit le chantier est repoussé d'une semaine. Nous voyons souvent l'inverse : l'armoire a été équipée d'un relais à entrée PTC, mais le moteur est livré sans sonde et l'on ponte l'entrée du relais.
Le point commun de ces deux situations : le moteur et l'armoire ont été commandés séparément, sans lien entre les deux. La protection est une chaîne où les éléments internes du moteur fonctionnent avec les appareils de l'armoire ; c'est ainsi qu'il faut l'aborder lors de la commande.
Les deux moitiés de la chaîne de protection
Classer en deux groupes les éléments qui participent à la protection d'un moteur asynchrone facilite le travail :
- Ce qui se trouve dans ou sur le moteur : sonde de température du bobinage (PTC ou PT100), résistance anti-condensation, bornes auxiliaires dans la boîte à bornes, entrées de câbles et, sur les grandes carcasses alimentées par variateur, roulement isolé ou mise à la terre de l'arbre. Ces éléments sont ajoutés lors de la fabrication du moteur ou avant son expédition ; les ajouter ensuite sur site est difficile, voire impossible.
- Ce qui se trouve dans l'armoire : protection contre les courts-circuits (fusibles ou disjoncteur moteur), protection contre les surcharges (relais thermique ou relais électronique), surveillance de perte et d'ordre des phases, relais d'évaluation auquel la sonde est raccordée, contact qui commande la résistance et l'appareil de démarrage lui-même.
Le premier groupe figure dans la commande du moteur, le second dans celle de l'armoire. Le problème, c'est que les deux commandes partent souvent de bureaux différents. Nous avons détaillé quel appareil intervient pour quel défaut dans notre article sur la répartition des rôles entre relais thermique, fusible et disjoncteur moteur (MPCB) ; ici, il s'agit de faire concorder les deux moitiés.
Les éléments de protection à ajouter à la commande du moteur
Sonde de température du bobinage
Les appareils qui surveillent le courant estiment l'échauffement du moteur de manière indirecte. Avec un capot de ventilateur obstrué, une température ambiante élevée ou un fonctionnement prolongé à basse vitesse sur variateur, le bobinage peut chauffer alors que le courant paraît normal. Il est donc logique de demander une sonde pour les moteurs alimentés par variateur, soumis à des démarrages fréquents ou installés en ambiance chaude. Dans les séries triphasées HEM Motor, les sondes PTC et PT100 sont des options sélectionnables à la commande. Le choix détermine aussi l'appareil d'évaluation dans l'armoire : la PTC se raccorde à un relais qui déclenche à un seuil, la PT100 à une entrée qui lit la température en continu. Pour les types de sondes et les valeurs de réglage, consultez notre article sur les sondes PT100 et les thermistances PTC.
Résistance anti-condensation
Dans les moteurs qui restent longtemps à l'arrêt, fonctionnent en extérieur ou dans des lieux à fort écart de température entre le jour et la nuit, l'humidité se condense à l'intérieur de la carcasse. La résistance est alimentée lorsque le moteur est à l'arrêt et coupée lorsqu'il tourne. Il faut donc prévoir dans l'armoire une alimentation séparée et un verrouillage réalisé avec le contact auxiliaire du contacteur principal. Une résistance commandée avec le moteur, mais dont l'alimentation n'a pas été prévue dans l'armoire, ne sert à rien sur site.
Entrées de câbles et boîte à bornes
Lorsqu'on ajoute une sonde et une résistance, un ou deux câbles supplémentaires entrent dans la boîte à bornes en plus du câble de puissance. Le nombre d'entrées varie selon la carcasse : par exemple, 2×M40×1,5 sur les carcasses H160–180 et 2×M32×1,5 sur les carcasses H112–132. Comme le câble de sonde ne doit pas passer par le même presse-étoupe que le câble de puissance, le nombre d'entrées et l'orientation de la boîte à bornes doivent être discutés à la commande.
Grandes carcasses alimentées par variateur
Sur les moteurs de grande taille alimentés par un variateur de fréquence, un roulement isolé ou une mise à la terre de l'arbre peut être nécessaire contre les courants de palier ; avec de grandes longueurs de câble, on ajoute un filtre dv/dt ou un filtre sinus en sortie du variateur. Ce sont des maillons souvent oubliés de la chaîne de protection, et tous deux ont leur pendant à la fois côté moteur et côté armoire. Nous traitons la question de la longueur de câble dans un article dédié à la distance de câble entre variateur et moteur.
L'équipement type de l'armoire selon le mode de démarrage
C'est surtout le mode de démarrage qui détermine les appareils présents dans l'armoire. Les listes ci-dessous ne sont pas une recette figée, mais une base de comparaison pour repérer l'élément manquant dans une commande :
- Démarrage direct (DOL) : disjoncteur moteur ou fusibles + contacteur + relais thermique ; relais à thermistance si le moteur est équipé de sondes. C'est l'ensemble le plus simple pour les petites puissances, mais le courant de démarrage est élevé.
- Étoile-triangle : trois contacteurs, un relais temporisé et un relais thermique. Comme le relais thermique est généralement placé dans la ligne du contacteur principal, sa valeur de réglage est d'environ 0,58 fois le courant indiqué sur la plaque. Le moteur doit être bobiné pour fonctionner en triangle sous 400 V ; si cette information ne figure pas dans la commande du moteur, l'armoire est inutilisable.
- Démarreur progressif : la protection électronique contre les surcharges intégrée à l'appareil remplace le plus souvent le relais thermique ; le contacteur de by-pass, le temps de démarrage et le nombre de démarrages par heure sont déterminants dans le choix de l'appareil.
- Variateur de fréquence : le variateur surveille le courant du moteur, mais ne mesure pas la température du bobinage d'un moteur qui tourne longtemps à basse vitesse. C'est pourquoi, si l'entrée PTC du variateur doit être utilisée, le moteur doit être commandé avec sondes.
Si vous utilisez un relais de protection électronique regroupant plusieurs fonctions dans un seul appareil, l'article sur les fonctions des relais de protection vous indique lesquelles activer.











